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Synthèse sur la Ferme Au Petit Colibri
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                                                ► La ferme expérimentale 
                                                ► Les techniques de culture
 Les porteurs du projet
 Les motivations initiales
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Une ferme expérimentale sur 6 ha (entreprise agricole)


La ferme « Au Petit Colibri » est un laboratoire de recherche,
d'une agriculture à la fois écologique et pertinente face aux enjeux éconmiques :


Une agriculture écologique globale et durable intégrant :
Cultures, bâtis agricoles, maison, énergies, récupération d'eau de pluie, transport,  commercialisation locale,... 

Des solutions rendant de nouveau possible « l'installation de petites fermes » :
1- Réseaux d'eau et d'électricité trop coûteux à acheminer pour les communes (dès 200m)
      > solutions d'autonomie              

         2- Bâtiments agricoles et habitation hors de prix
                   > auto-construction écologique
         3- Techniques agricoles demandant de lourds investissements
                   > techniques agricoles économiques en symbiose avec la nature
         4- Concurrence des grandes surfaces et de pays étrangers
                   > qualité des produits, diversité, vente directe et prix accessibles      

Quatre techniques de base :
La Conception Permaculturelle - L'Agriculture Naturelle -
La Maison Passive Ecologique et Autonome - La Construction en Botte de Paille.


    
 >  lire aussi : Une ferme innovante et abondamment soutenue malgré l'opposition de la mairie

¤ La sécurité du revenu économique et de la production alimentaire :
La ferme se développe en poly-cultures : légumes, fruits, oeufs, plantes aromatiques, céréales,... et produits transformés. Dans un esprit écologique et dans le but de tisser des relations humaines animant la vie locale, la vente se fait localement par panier.

¤ Une ferme, un laboratoire :
Mises en place avec succès à l'étranger, par exemple sur la ferme de Sepp Holzer en Autriche (vidéos sur ce site), ces techniques nouvelles doivent encore en France faire l'objet d'un travail d'adaptation et de recherche. C'est ce à quoi se concentre la ferme « Au Petit Colibri », un des rares projets actuellement 
(2009) en France.

¤  Fiches diverses sur l'écolieu et la ferme Au Petit Colibri.


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Les Techniques de Culture

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Stratégie développée :

La technique repose sur  " l'Agriculture Naturelle ", développée au Japon par Masanobu FUKUOKA à partir des années 1930.  Tout en utilisant les mêmes principes, la ferme Au Petit Colibri cherche à définir sa propre stratégie pour s'adapter à des conditions climatiques et culturelles différentes du Japon et dans le but de prolonger les recherches de Monsieur FUKUOKA.

Cette agriculture repose sur une attitude fondamentale : 

  • l'observation :qui permet d'apprendre directement ou lieu d'imaginer, et qui permet de développer une autre attitude : devant une situation, chercher ce que l'on pourrait arrêter de faire plutôt que de chercher ce que l'on pourrait faire).
  • 4 principes :
    • pas de labour
    • pas de fertilisants chimiques ou de compost préparé (sauf exception comme à la plantation d'arbre)
    • pas de traitements chimiques ou biologiques (sauf exception)
    • pas d'herbicide

La fertilité du sol repose sur un partenariat avec la nature, notamment avec les arbres et les plantes fixatrices d'azote, et sur la maturation d'un système écologique global. La fertilité s'améliore d'année en année. A moins d'un apport initial dans des cas particuliers comme à la plantation d'arbres, on se passe d'apport de fertilisant et de compost. Le temps compte et c'est la nature qui le rythme. En 2008 au Colibri les arbres plantés n'ont pas plus de 2 ans... Certains produiront leurs fruits d'ici 1 à 2 ans. Leurs effets brise-vent, niche écologique, ombrage, fertilisant, ... commenceront tout juste à se faire sentir en 2008. « Le petit colibri » est une ferme naissante. 

"L'agricultre écologique" qui est développée est également basée sur la diversité des productions. 

La technique en "symbiose avec la nature" est la recherche d'un partenariat. Ce partenariat s'accompagne également d'une réduction de travail pour l'homme et d'énergie dépensée par le système agricole. Par exemple l'une des techniques utilisées est le non-labour : d'une part on préserve la biodiversité du sol, son "intégrité sauvage", ce qui diminue bcp les maladies, les besoins de fertilisation et d'irrigation - les résultats ne s'obtiennent pas du jour au lendemain, il faut laisser maturer...  d'autre part cela diminue les herbes et le coût du matériel : pas de tracteur, pas de motoculteur - donc pas d'essence, pas de réparation et pas de stress... Cependant dès que l'on arrête de travailler avec une machine il faut faire travailler la nature !

Cette agriculture s'intègre dans une conception plus globale de l'écologie, avec la construction de bâti écologique et à moindre coût, les énergies renouvelables, la réduction de la consommation d'eau et la récupération d'eau de pluie, la vente de proximité, ... Cette création globale et écologique de la ferme s'inspire de la «Conception Permaculturelle».

<menu technique de culture>



Conditions à réunir :
(note : dans l'état actuel de nos observations et des connaissances reçues par des lectures et rencontres)

1- Le non-labour  : les habitants du sol et les racines des plantes qu'on laisse mourrir en place labourent eux-mêmes.Le sol devient plus sauvage d'année en année, c'est essentiel pour la santé des plantes, la circulation de l'eau et des minéraux. Le sol devient "micro-aéré". Il est important de ne pas marcher dessus et de toujours le couvrir par de la paille par exemple. Plus généralement on appelle cette couverture "un mulch" :

2- Garder toujours le sol couvert : avec "un mulch" de paille, de feuilles,... ou une couverture vivante comme le trèfle blanc. Le sol est mieux protégé de la rudesse du climat (pluies battantes, soleil brûlant, froid intense). Ce mulch apporte de la matière qui sera décomposée en surface, ce qui alimente le sol en minéraux et permet la création de "l'humus"Toutefois l'un des rôles essentiels du mulch est peut-être de stimuler l'activité des êtres vivants du sol, piliers de la fertilisation et de la santé des plantes. 

Les plantes elles-mêmes participent à la remontée des minéraux en les absorbant dans les profondeurs et en les rendant lors de leur décomposition en surface. Ce phénomène s'oppose au lessivage des pluies qui tend à emporter les minéraux vers les profondeurs : imaginez un cycle incessant de retour en surface de minéraux qui redescendent avec les pluies puis remontent par l'intémédaire des plantes. De là on comprend l'importance d'avoir dans nos cultures un ensemble de plantes explorant le sol à différentes profondeurs : de la fraise à l'arbre, la nature a diversifié les systèmes racinaires. A nous de les mettre en scène. La création de l'humus est aussi extrêmement importante pour limiter le lessivage des sols car cette portion de terre, créée lors de la décomposition des végétaux, est capable de retenir les minéraux : on l'appelle le garde-manger :-).

Il se peut aussi que les êtres vivants du sol sachent aussi remonter les minéraux ?

Retenons que plus le sol est protégé en surface et non perturbé (intégrité sauvage), plus il est capable de retenir les minéraux lors des fortes pluies.

3- Pas de compost ou tout autre fertilisant préparé (sauf cas particuliers : plantation d'arbres) : la vie du sol réalise un compostage en surface et dans le sol à son rythme. Elle décompose les matières apportées par le mulch et les plantes mortes ou parties de plantes vivantes tombées au sol (feuilles d'arbres) et par les racines mortes que l'on n'arrache pas. D'après Emilia Hazelip, le compost aurait le défaut de "gaver" la vie du sol, ce qui entraînerait des déséquilibres. 

D'autre part voyons la fertilité sous un autre angle : les minéraux du sol sont déjà en abondance dans le sol sous une forme très fine ou grossière (cailloux, roche). Car la majorité des minéraux vient de la roche qui au fil du temps, des millénaires, a été décomposée en partie, et continue de l'être. Donc potentiellement nos terres sont riches de minéraux. Cependant elles se comportent en terres pauvres car ces minéraux ne sont pas toujours directement assimilables par les plantes. Certaines plantes arrivent à vivre directement sur le rocher, ce n'est pas le cas de la salade... L'enjeu est donc de rendre les minéraux assimilables : dans l'ordre naturel ce sont les êtres vivants du sol qui donnent aux plantes les minéraux sous une forme assimilable. Par conséquent plus il y a de vie dans le sol plus le sol devient fertile.

Pour cela on va sans cesse chercher à créer et améliorer les conditions qui augmentent les êtres-vivants du sol: les "microbes", les "vers de terre", les "champignons", etc. Le mulch est essentiel pour cela ainsi que le non-labour et le fait de laisser les racines mourrir dans le sol (donc sans être arrachées). Le labour déstructure le sol et l'aére fortement. De là il augmente nettement la perte des minéraux par "lessivage" lors des fortes pluies et du fait que beaucoup de minéraux ont été "libérés ("minéralisés") par les microbes du sol qui ont été sur-activés par la grande aération créée par le labour. De plus, bon nombre de micro-organismes du sol ne survivent pas à ce labour. D'après Emilia Hazelip, le labour est l'une des premières causes de pertes du potentiel fertilisant du sol.

L'arbre sera l'un pilier de notre fertilité car avec ses racines profondes et des bactéries en symbiose sur ces racines, il est capable de "consommer" des minéraux dans "la roche profonde" et de les restituer au sol par ses feuilles et brindilles tombées au sol ou par la mort, dans le sol, de racines. Ses feuilles et brindilles contribuent tout autant à la couverture du sol.  C'est l'un des aspects majeurs du cycle fertilisateur de la forêt qui fonctionne si bien sans nous. Par ailleurs sont systèmes racinaires étendus récupére une partie des minéraux lessivés "naturellement" pas les fortes pluies. Il y a donc bcp moins de pertes.

De même laisser se décomposer en place les parties non consommées des plantes réduit nettement le besoin en minéraux.

L'azote(N), minéral volatile, est peu présent dans le sol. Mais il est abondant dans l'air : 80%. Pour capter l'azote on utilise des plantes "fixatrices" parmi nos autres cultures: avec l'aide de bactéries en symbiose, l'azote se retrouve sur leurs racines dans des "nodosités" (boules). Ces plantes appartiennent à différentes familles (fabacée, ...) et ne sont pas toutes aussi performantes. Pour exemple il y a les fêves (très performantes), haricots, petits pois ainsi que trèfle, mélilot, luzerne,... Il y a aussi des arbres : eleagnus, cytise, argousier, aulne,... On les cultive parmi nos cultures.

Récemment des chercheurs ont mis en évidence qu'il existait aussi des bactéries capables de consommer l'azote de l'air sans symbiose. Il s'agit notamment des AZOTOBACTERs. 

 

4 - Pas de pesticides qu'ils soient chimiques ou biologiques: plantes et insectes coopèrent dans un environnement considéralement amélioré et progressant d'année en année. On sait aujourd'hui que les champignons microscopiques du sol permettent aux plantes d'être plus résistantes aux maladies. On sait aussi que des plantes repoussent certains insectes : on parle d'association : poireau+ carotte / Choux + céleri / Choux + sauge / etc... Plus généralement la diversité des cultures en une même zone permet à la fois dans le sol et dans l'air d'avoir des effets protecteurs. 

Autre idée centrale : intervenir le moins possible permet à l'équilibre naturel de s'établir sans la nécessité d'une action de l'homme. Autre façon de le voir : lorsque l'homme intervient, il rentre dans l'équilibre et en devient un acteur "de fait". Par exemple pour les limaces on peut se demander si les ramasser ou les empoisonner n'empêche pas de faire intervenir leurs prédateurs naturels ? Au colibri, l'hiver 2006 très doux avait démultiplié les limaces de façon spectaculaire. Elles mangeaient tout. Mi-avril la chaleur du printemps mit en pleine activité les carabes et les hérissons qui mangèrent la quasi totalité des limaces en 15 jours (sauf les limaces oranges). En 2008 il y a eu peu de limaces. En 2009 les limaces sont présentes en nombres jusque mi-mai puis elles ont disparues (sauf les oranges), bien que l'envrironnement leur soit favorable : les pluies sont abondantes et le sol est couvert de paille et de cultures.

D'autres surprises arrivent avec ce "non-agir" : en 2007, l'un des choux-fleurs sous la serre se faisait manger par une trentaine de chenilles. Décidés à apprendre sur le comportement des chenilles et du chou-fleur nous ne sommes pas intervenus. Alors que nous pensions que les chenilles s'attaqueraient aux autres choux-fleurs, elles disparurent ! Le chou était dépouillé et pourtant il repoussa et nous donna un choufleur ! Incroyable... Et pourtant bien sûr on ne peut pas établir comme règle que des chenilles ne mangent qu'un choufleur et puis s'en vont :-). L'hypothèse que nous formulons est qu'un oiseau est venu les manger :-) car notre serre est ouverte en permanence.

Retenons que dans cette agriculture l'homme intervient pour améliorer les conditions d'un bon équilibre et non pour contrôler.

5 - Pas d'herbicide : on fauche, on arrache, on évite de laisser grainer des herbes. Autre façon : on sème avant que les herbes apparaissent ou on remplace les herbes gênantes par d'autres herbes moins gênantes, voir même bénéfiques dans le cas du trèfle. L'arrêt du labour est essentiel : certes il détruit les herbes en place mais il ré-ensemence les prochaines en remontant en surface des graines enfouies qui n'auraient pas germé sinon. La couverture permanente du sol (paillage ou plantes) réduit aussi la quantité d'herbe. A ce jeu on s'aperçoit que si l'enherbement reste important les premières années, il diminue d'année en année pour devenir nettement moins préoccupant. On en vient alors à considérer les herbes comme bénéfiques car elles font partie de la santé du tout, de la « biodiversité ». On ne s'acharne pas à les faire disparaître totalement.

Rappelons-nous aussi que tout produit agit sur l'ensemble de la complexité de la nature. Il semble faux de croire qu'agir sur un seul élément ne perturbe pas le reste. La nature est complexe parce que tout semble inter-connecté. Le rôle de l'agriculteur serait-il même d'aider à augmenter ces inter-connections ?

6 - Permettre à la biodiversité, "à la vie", d'augmenter sans cesse : serait-ce le point clef de la robustesse des milieux naturels ? La diversité permet l'adaptation, la diversité des fonctions, des services. La nature est en permanence dans un mouvement d'inter-actions. Plus il y a de diversité plus il y a de possibilités différentes d'inter-agir et plus le système peut s'adapter et s'équilibrer. La notion d'équilibre doit peut-être ici être revue : car en réalité la nature ne semble pas connaître "l'équilibre stable d'une balance", il y a changement permanent. Personnellement cette notion "d'équilibre naturel" reste pour moi un mystère. J'en parle sans en comprendre la réalité. Peut-être d'ailleurs que le mot "équilibre" n'est pas approprié ? 

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Résultats observés :

Sur les fruitiers :  

Il est encore trop tôt pour avoir un recul. Les arbres ont été plantés en plusieurs fois 2006 - 2007 - 2008 - 2009 : pommes anciennes avec des résistances naturelles, cerises à floraison précoces et tardives, poires, pêches avec bonnes résistances à la cloque, prunes, figues sélectionnées notamment sur la résistance à l'éclatement du fruit sous l'effet des pluies, abricots, et des petits fruits : cassis, groseilles, mûres, etc.

Sur les légumes :  

Cultures démarrées en 2006. Les deux années suivantes, 2007 et 2008 années froides et pluvieuses, ont offerts des conditions de test presque idéales sur la résistance aux limaces et aux maladies de type mildiou :

        Résultats :

- bonnes résistantes aux maladies : peu de mildiou sur les tomates et les fraises sans aucun traitement ; par contre les melons ont trop souffert du froid et la maladie les a emporté ; peu ou pas de maladies ou d'insectes sur les choux et d'une façon général sur l'ensemble des cultures.

- contrôle des limaces et escargots plus ou moins régulier depuis mi-avril 2007 : alors que l'hiver 2006/2007 avait fait apparaître de par sa douceur une explosion de limaces et d'escargots, ceux-ci furent contrôler massivement par leurs prédateurs dès que les chaleurs sont apparues en avril 2007 : hérissons, carabes et autres prédateurs, protégés depuis septembre 2005 (date de prise en main des terres), ont tout mangé en quelques semaines ;  Depuis l'équilibre se maintient même s'il y a encore des périodes de déséquilibre comme en septembre lors de la seconde naissance des limaces.

- l'enherbement diminue d'année en année et devient quasi nul en dehors de la période d'explosion au printemps.

Ces premiers résultats prometteurs doivent être confirmés ou infirmés sur une plus longue période. 10 années d'observations semblent nécessaires pour  baser des résultats sur une solide expérience.

D'autres résultats : 

<menu technique de culture>


Fiches d'explications

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Photothèque/Vidéothèque

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Les porteurs du projet


Initialement : un couple, Madeleine LABIE et Richard WALLNER
et une forte dynamique collective autour d'eux : familles, amis, bénévoles.

Depuis l'été 2006 : Madeleine et Richard sont séparés. Depuis l'opposition de la mairie à la construction des bâtiments, pourtant possible au démarrage du projet en 2005, seul Richard persiste face à cette absurdité déroutante. Les problèmes de couple, la pression psychologique et la perspective d'une vie en caravane devenue nécessaire après l'opposition du maire ont été les raisons de leur séparation.

La dynamique collective a perdu de son élan de part les conditions d'accueil réduites et de part le fait que Richard ne peut pas tout gérer à la fois. La recherche d'un co-exploitant a jusqu'à présent échoué en raison de l'avenir incertain de la ferme. 

La ferme est gérée par Richard.

En 2007, l'association est gérée par Richard et co-animée avec Matthieu Marcillaud, bénévole.

voir CV de Richard Wallner

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Les motivations initiales


Comment est né ce projet ?

Il a été l'aboutissement d'une prise de conscience sur plusieurs années, portée essentiellement par Richard.
Richard a aujourd'hui 32 ans (2008).

Le déclenchement se passe début 2000, Richard est ingénieur en micro-électronique. Il est venu vivre à Paris pour cette raison. Deux points :

  • l'électronique est passionnante, pourtant son métier n'a pas de sens à ses yeux, il voudrait être plus utile. La vie parisienne révèle également son lot d'absurdités, reflet d'une société qui n'apparaît pas humaine. 1 année heureux, 2 années à chercher comment partir. Entre temps il devient enseignant de mathématiques. Expérience passionnante et douloureuse auprès de jeunes du 93 en CFA : la pédagogie et les enfants le passionnent aussi.

  • L'épisode de la vache folle aura été l'un des déclics forts : crise de confiance envers ceux qui nous nourrissent depuis des millénaires. D'autant plus forte qu'un pressentiment l'angoisse : ils n'ont sans doute pas fait que cette erreur là, celle-ci étant énorme...

Action/réaction... Puis-je alors assurer une part de mon alimentation ?

Eté 2003 il part apprendre à jardiner dans un stage de l'association « Terre et Humanisme » de Pierre Rabhi. La rencontre est percutante :

  • oui il est possible de cultiver soi-même une partie de son alimentation

  • oui les agriculteurs et les industriels de l'agro-alimentaire ont vraiment perdu la tête et nous font manger des horreurs chimiques. Qui plus est cela se fait dans des conditions d'exploitation à la fois de l'homme et de la nature. Est-ce révélateur qu'une ferme s'appelle aujourd'hui une "exploitation agricole" ?

  • Richard découvre dans le même temps l'univers écologique jusque là peu présent dans sa vie. Là aussi le monde apparaît d'un coté dans l'impasse : économique, environnemental, social ; et pourtant d'un autre côté pleinement vivable : maison écologique non polluée, énergie écologique non nucléaire, eau saine et tout un monde d'innovations à porter et à portée de main.

Sept 2003 : déménagement sur Angoulême.

Pluri-activité : aide scolaire, aide et développement personnel auprès d'enfants, d'adolescents ainsi qu'auprès de personnes âgées.

Jardinage : expérimentations, apprentissages auprès d'autres jardiniers, lectures diverses.

Vers un écolieu : besoin de passer à l'acte. Créer un lieu pour soi-même et aussi pour permettre à d'autres d'apprendre sur l'écologie au quotidien.

Besoin d'espace : l'envie d'expérimenter davantage, notamment en jardinage, et peut-être de s'associer à d'autres sur ce lieu, invite à chercher un grand terrain. Déjà Richard commence à penser à un projet agricole car il a fait connaissance avec la conception permaculturelle et l'agriculture naturelle. Deux techniques qui lui font espérer un grand changement en agriculture et d'autres rapports sociaux.

Le village de Marsac : plusieurs lieux sont visités sans succès. C'est l'opportunité d'un terrain agricole en bio depuis 10 ans sur Marsac et les expériences et formations acquises qui décideront Richard à s'investir dans un projet agricole. Les terres ont été achetées,non sans mal, en été 2005.

Richard passe un BTS agricole en 2005/2006 pour mieux comprendre le monde agricole « actuel » et mieux se préparer à la gestion économique d'une ferme. Il vend ses légumes depuis le 1er août 2006.

Plus de détails sur les fondements de la démarche.

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