Synthèse sur la Ferme Au Petit Colibri






Une ferme expérimentale sur 6 ha (entreprise agricole)


La ferme « Au Petit Colibri » est un laboratoire de recherche,
d'une agriculture à la fois écologique et pertinente face aux enjeux éconmiques :

Une agriculture écologique globale et durable intégrant :
Cultures, bâtis agricoles, maison, énergies, récupération d'eau de pluie, transport, commercialisation locale,... 

Des solutions rendant de nouveau possible « l'installation de petites fermes » :
1- Réseaux d'eau et d'électricité trop coûteux à acheminer pour les communes (dès 200m)
      > solutions d'autonomie              

         2- Bâtiments agricoles et habitation hors de prix
                   > auto-construction écologique
         3- Techniques agricoles demandant de lourds investissements
                   > techniques agricoles économiques, en symbiose avec la nature
         4- Concurrence des grandes surfaces et de pays étrangers
                   > qualité des produits, diversité, vente directe, prix accessibles et travail en réseau

Quatre techniques de base :
La Conception Permaculturelle - L'Agriculture Naturelle du Japonais Fukuoka -
La Maison Passive Ecologique et Autonome - La Construction en Botte de Paille.


    
Une ferme innovante et soutenue

 La sécurité du revenu économique et de la production alimentaire :
La ferme se développe en poly-cultures : légumes, fruits, oeufs, plantes aromatiques, céréales,... et produits transformés. Dans un esprit écologique et dans le but de tisser des relations humaines animant la vie locale, la vente se fait localement par panier. La vente directe permet aussi un meilleur revenu en enlevant les intermédiaires (magasins, grossistes, ...).

 Une ferme, un laboratoire de recherche :
Mises en place avec succès à l'étranger, par exemple sur la ferme de Sepp Holzer en Autriche (vidéos sur ce site), ces techniques nouvelles doivent encore en France faire l'objet d'un travail d'adaptation et de recherche. C'est ce à quoi se concentre la ferme « Au Petit Colibri », un des rares projets actuellement 
(2009) en France.

Résultats expérimentaux.

DÉVELOPPONS UNE AGRICULTURE ÉCOLOGIQUE MODERNE (10 propositions pour un laboratoire à l'échelle de la Planète) (février 2015)


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Les Techniques de Culture

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Stratégie développée :

Note : Le projet de ferme est aussi présenté lors de visites programmées chaque année.

La technique repose sur  " l'Agriculture Naturelle ", développée au Japon par Masanobu FUKUOKA à partir des années 1930.  Tout en utilisant les mêmes principes, la ferme Au Petit Colibri cherche à définir sa propre stratégie pour s'adapter à des conditions climatiques et culturelles différentes du Japon et dans le but de prolonger les recherches de Monsieur FUKUOKA.

Cette agriculture repose sur une attitude fondamentale : 

  • l'observation :qui permet d'apprendre directement ou lieu d'imaginer, et qui permet de développer une autre attitude : devant une situation, chercher ce que l'on pourrait arrêter de faire plutôt que de chercher ce que l'on pourrait faire).
  • et sur 4 principes :
    • pas de labour
    • pas de fertilisants chimiques ou de compost préparé (sauf exception comme à la plantation d'arbre mais il semble que d'autres techniques soient possibles et préférables tel le paillage grossier développé sur la ferme depuis 2010)
    • pas de traitements chimiques ou biologiques (sauf exception)
    • pas d'herbicide

La fertilité du sol repose sur un partenariat avec la nature, notamment avec les arbres et les plantes fixatrices d'azote, et sur la maturation d'un système écologique global. La fertilité s'améliore d'année en année. A moins d'un apport initial dans des cas particuliers comme à la plantation d'arbres, on se passe d'apport de fertilisant et de compost. Le temps compte et c'est la nature qui le rythme. En 2008 au Colibri les arbres plantés n'ont pas plus de 2 ans... Certains produiront leurs fruits d'ici 1 à 2 ans. Leurs effets brise-vent, niche écologique, ombrage, fertilisant, ... commenceront tout juste à se faire sentir en 2008. « Le petit colibri » est une ferme naissante. 

"L'agricultre écologique" qui est développée est également basée sur la diversité des productions. 

La technique en "symbiose avec la nature" est la recherche d'un partenariat. Ce partenariat s'accompagne également d'une réduction de travail pour l'homme et d'énergie dépensée par le système agricole. Par exemple l'une des techniques utilisées est le non-labour : d'une part on préserve la biodiversité du sol, son "intégrité sauvage", ce qui diminue bcp les maladies, les besoins de fertilisation et d'irrigation - les résultats ne s'obtiennent pas du jour au lendemain, il faut laisser maturer...  d'autre part cela diminue les herbes et le coût du matériel : pas de tracteur, pas de motoculteur - donc pas d'essence, pas de réparation et pas de stress... Cependant dès que l'on arrête de travailler avec une machine il faut faire travailler la nature !

Cette agriculture s'intègre dans une conception plus globale de l'écologie, avec la construction de bâti écologique et à moindre coût, les énergies renouvelables, la réduction de la consommation d'eau et la récupération d'eau de pluie, la vente de proximité, ... Cette création globale et écologique de la ferme s'inspire de la « Conception Permaculturelle ».

Compléments:

  • Claude Bourguignon (courte vidéo) : quelle agriculture pour nourrir le monde ? Fonctionnement du sol.


<menu technique de culture>




Hypothèse sur les conditions de culture à réunir :

Notes :
  • Le texte ci-dessous a été écrit en fonction de nos propres observations et des connaissances reçues par des lectures et rencontres.
  • Des visites et stages sont programmés chaque année.

1- Le non-labour  : les habitants du sol et les racines des plantes qu'on laisse mourrir en place labourent eux-mêmes.Le sol devient plus sauvage d'année en année, c'est essentiel pour la santé des plantes, la circulation de l'eau et des minéraux. Le sol devient "micro-aéré". Il est important de ne pas marcher dessus et de toujours le couvrir par de la paille par exemple. Plus généralement on appelle cette couverture "un mulch" :

2- Garder toujours le sol couvert : avec "un mulch" de paille, de feuilles,... ou une couverture vivante comme le trèfle blanc. Le sol est mieux protégé de la rudesse du climat (pluies battantes, soleil brûlant, froid intense). Ce mulch apporte de la matière qui sera décomposée en surface, ce qui alimente le sol en minéraux et permet la création de "l'humus"Toutefois l'un des rôles essentiels du mulch est peut-être de stimuler l'activité des êtres vivants du sol, piliers de la fertilisation et de la santé des plantes. 

Les plantes elles-mêmes participent à la remontée des minéraux en les absorbant dans les profondeurs et en les rendant lors de leur décomposition en surface. Ce phénomène s'oppose au lessivage des pluies qui tend à emporter les minéraux vers les profondeurs : imaginez un cycle incessant de retour en surface de minéraux qui redescendent avec les pluies puis remontent par l'intémédaire des plantes. De là on comprend l'importance d'avoir dans nos cultures un ensemble de plantes explorant le sol à différentes profondeurs : de la fraise à l'arbre, la nature a diversifié les systèmes racinaires. A nous de les mettre en scène. La création de l'humus est aussi extrêmement importante pour limiter le lessivage des sols car cette portion de terre, créée lors de la décomposition des végétaux, est capable de retenir les minéraux : on l'appelle le garde-manger :-).

Il se peut aussi que les êtres vivants du sol sachent aussi remonter les minéraux ?

Retenons que plus le sol est protégé en surface et non perturbé (intégrité sauvage), plus il est capable de retenir les minéraux lors des fortes pluies.

3- Pas de compost ou tout autre fertilisant préparé (sauf cas particuliers : plantation d'arbres) : la vie du sol réalise un compostage en surface et dans le sol à son rythme. Elle décompose les matières apportées par le mulch et les plantes mortes ou parties de plantes vivantes tombées au sol (feuilles d'arbres) et par les racines mortes que l'on n'arrache pas. D'après Emilia Hazelip, le compost aurait le défaut de "gaver" la vie du sol, ce qui entraînerait des déséquilibres. 

D'autre part voyons la fertilité sous un autre angle : les minéraux du sol sont déjà en abondance dans le sol sous une forme très fine ou grossière (cailloux, roche). Car la majorité des minéraux vient de la roche qui au fil du temps, des millénaires, a été décomposée en partie, et continue de l'être. Donc potentiellement nos terres sont riches de minéraux. Cependant elles se comportent en terres pauvres car ces minéraux ne sont pas toujours directement assimilables par les plantes. Certaines plantes arrivent à vivre directement sur le rocher, ce n'est pas le cas de la salade... L'enjeu est donc de rendre les minéraux assimilables : dans l'ordre naturel ce sont les êtres vivants du sol qui donnent aux plantes les minéraux sous une forme assimilable. Par conséquent plus il y a de vie dans le sol plus le sol devient fertile.

Pour cela on va sans cesse chercher à créer et améliorer les conditions qui augmentent les êtres-vivants du sol: les "microbes", les "vers de terre", les "champignons", etc. Le mulch est essentiel pour cela ainsi que le non-labour et le fait de laisser les racines mourrir dans le sol (donc sans être arrachées). Le labour déstructure le sol et l'aére fortement. De là il augmente nettement la perte des minéraux par "lessivage" lors des fortes pluies et du fait que beaucoup de minéraux ont été "libérés ("minéralisés") par les microbes du sol qui ont été sur-activés par la grande aération créée par le labour. De plus, bon nombre de micro-organismes du sol ne survivent pas à ce labour. D'après Emilia Hazelip, le labour est l'une des premières causes de pertes du potentiel fertilisant du sol.

L'arbre sera l'un des piliers de notre fertilité car avec ses racines profondes et des bactéries en symbiose sur ces racines, il est capable de "consommer" des minéraux dans "la roche profonde" et de les restituer au sol par ses feuilles et brindilles tombées au sol ou par la mort, dans le sol, de racines. Ses feuilles et brindilles contribuent tout autant à la couverture du sol.  C'est l'un des aspects majeurs du cycle fertilisateur de la forêt qui fonctionne si bien sans nous. Par ailleurs sont systèmes racinaires étendus récupére une partie des minéraux lessivés "naturellement" pas les fortes pluies. Il y a donc bcp moins de pertes.

De même laisser se décomposer en place les parties non consommées des plantes réduit nettement le besoin en minéraux.

L'azote(N), minéral volatile, est peu présent dans le sol. Mais il est abondant dans l'air : 80%. Pour capter l'azote on utilise des plantes "fixatrices" parmi nos autres cultures: avec l'aide de bactéries en symbiose, l'azote se retrouve sur leurs racines dans des "nodosités" (boules). Ces plantes appartiennent à différentes familles (fabacée, ...) et ne sont pas toutes aussi performantes. Pour exemple il y a les fêves (très performantes), haricots, petits pois ainsi que trèfle, mélilot, luzerne,... Il y a aussi des arbres : eleagnus, cytise, argousier, aulne,... On les cultive parmi nos cultures.

Récemment des chercheurs ont mis en évidence qu'il existait aussi des bactéries capables de consommer l'azote de l'air sans symbiose. Il s'agit notamment des AZOTOBACTERs. 

 

4 - Pas de pesticides qu'ils soient chimiques ou biologiques: plantes et insectes coopèrent dans un environnement considéralement amélioré et progressant d'année en année. On sait aujourd'hui que les champignons microscopiques du sol permettent aux plantes d'être plus résistantes aux maladies. On sait aussi que des plantes repoussent certains insectes : on parle d'association : poireau+ carotte / Choux + céleri / Choux + sauge / etc... Plus généralement la diversité des cultures en une même zone permet à la fois dans le sol et dans l'air d'avoir des effets protecteurs. 

Autre idée centrale : intervenir le moins possible permet à l'équilibre naturel de s'établir sans la nécessité d'une action de l'homme. Autre façon de le voir : lorsque l'homme intervient, il rentre dans l'équilibre et en devient un acteur "de fait". Par exemple pour les limaces on peut se demander si les ramasser ou les empoisonner n'empêche pas de faire intervenir leurs prédateurs naturels ? Au colibri, l'hiver 2006 très doux avait démultiplié les limaces de façon spectaculaire. Elles mangeaient tout. Mi-avril la chaleur du printemps mit en pleine activité les carabes et les hérissons qui mangèrent la quasi totalité des limaces en 15 jours (sauf les limaces oranges). En 2008 il y a eu peu de limaces. En 2009 les limaces sont présentes en nombres jusque mi-mai puis elles ont disparues (sauf les oranges), bien que l'envrironnement leur soit favorable : les pluies sont abondantes et le sol est couvert de paille et de cultures.

D'autres surprises arrivent avec ce "non-agir" : en 2007, l'un des choux-fleurs sous la serre se faisait manger par une trentaine de chenilles. Décidés à apprendre sur le comportement des chenilles et du chou-fleur nous ne sommes pas intervenus. Alors que nous pensions que les chenilles s'attaqueraient aux autres choux-fleurs, elles disparurent ! Le chou était dépouillé et pourtant il repoussa et nous donna un choufleur ! Incroyable... Et pourtant bien sûr on ne peut pas établir comme règle que des chenilles ne mangent qu'un choufleur et puis s'en vont :-). L'hypothèse que nous formulons est qu'un oiseau est venu les manger :-) car notre serre est ouverte en permanence.

Retenons que dans cette agriculture l'homme intervient pour améliorer les conditions d'un bon équilibre et non pour contrôler.

5 - Pas d'herbicide : on fauche, on arrache, on évite de laisser grainer des herbes. Autre façon : on sème avant que les herbes apparaissent ou on remplace les herbes gênantes par d'autres herbes moins gênantes, voir même bénéfiques dans le cas du trèfle. L'arrêt du labour est essentiel : certes il détruit les herbes en place mais il ré-ensemence les prochaines en remontant en surface des graines enfouies qui n'auraient pas germé sinon. La couverture permanente du sol (paillage ou plantes) réduit aussi la quantité d'herbe. A ce jeu on s'aperçoit que si l'enherbement reste important les premières années, il diminue d'année en année pour devenir nettement moins préoccupant. On en vient alors à considérer les herbes comme bénéfiques car elles font partie de la santé du tout, de la « biodiversité ». On ne s'acharne pas à les faire disparaître totalement.

Rappelons-nous aussi que tout produit agit sur l'ensemble de la complexité de la nature. Il semble faux de croire qu'agir sur un seul élément ne perturbe pas le reste. La nature est complexe parce que tout semble inter-connecté. Le rôle de l'agriculteur serait-il même d'aider à augmenter ces inter-connections ?

6 - Permettre à la biodiversité, "à la vie", d'augmenter sans cesse : serait-ce le point clef de la robustesse des milieux naturels ? La diversité permet l'adaptation, la diversité des fonctions, des services. La nature est en permanence dans un mouvement d'inter-actions. Plus il y a de diversité plus il y a de possibilités différentes d'inter-agir et plus le système peut s'adapter et s'équilibrer. La notion d'équilibre doit peut-être ici être revue : car en réalité la nature ne semble pas connaître "l'équilibre stable d'une balance", il y a changement permanent. Personnellement cette notion "d'équilibre naturel" reste pour moi un mystère. J'en parle sans en comprendre la réalité. Peut-être d'ailleurs que le mot "équilibre" n'est pas approprié ? 

<menu technique de culture>





Résultats expérimentaux observés au fil des années :

La première partie traite des fruitiers, la seconde des légumes.
Bonne lecture.

Note : Les résultats peuvent être discutés lors de visites programmées chaque année.


Partie 1 : Sur les fruitiers


Il est difficile d'avoir déjà du recul car les arbres sont jeunes. Ils ont été plantés ou semés en plusieurs fois en 2006 - 2007 - 2008 et 2009, d'autres viendront s'ajouter les années suivantes. Les variétés choisies sont des pommes anciennes avec des résistances naturelles, des cerises à floraison précoces et tardives, des poires anciennes, des pêches de vigne avec de bonnes résistances à la cloque, des prunes à l'essai pour faire des pruneaux notamment, des figues sélectionnées notamment sur la résistance à l'éclatement du fruit sous l'effet des pluies, abricots, et des petits fruits : cassis, groseilles, mûres, etc.

Dans l'ensemble la terre sableuse du colibri fait souffrir tous les fruitiers par le manque de rétention d'eau.

L'ensemble des fruitiers de la ferme est en phase expériementale. Une nouvelle redéfinition du parc fruitier devrait pouvoir avoir lieu d'ici 10 ans, soit 2015, afin de repartir avec les variétés validées, et sans doute de nouvelles!

Les bons et mauvais résultats :

-  Nouveau  : une couverture grossière (BREFT grossier) depuis 2010 : 

En cours de développement sur la ferme depuis l'hiver 2009/2010, elle est faite à base de rameaux non broyés, récouverts de paille. Elle est testée au pied des arbres sur 2m de diamète et 10cm d'épaisseur. Les résultats sur le cerisier et le prunier sont spectaculaires : repousse vigoureuse de rameaux, feuillage redevenu vert pour les pruniers qui souffraient du sol sableux retenant difficilement l'humidité. Ce paillage s'apparente a un BREFT plus grossier et plus long (technique de paillage des légumes en cours de développement sur la ferme).

En 2011, année de longue sécheresse, le BREFT grossier a permis aux pommiers et aux poiriers notamment, de garder leurs pommes sur l'arbre jusqu'à la récolte d'octobre, avec des qualibres très satisfaisants vu les conditions, sans recevoir d'arrosage de compensation de toute l'année. D'autres vergers non irrigués visités cette année là avaient leurs pommes massivement tombées bien avant la récolte.

- Pêches : La production a débutée en 2009. Deux variétés de pêches de vignes apparaissent énormes, du même calibre que celles du commerce. Grâce aux différentes variétés la production s'étale de mi-août à fin septembre. L'aspect et le goût des pêches sont vraiment intéressants. L'ensemble des pêches de vignes ont la maladie de la cloque au début du printemps mais cela semble sans gravité car comme chaque année les feuilles cloquées tombent à terre autour de mai, le feuillage continue de pousser sans la cloque et l'ensemble du feuillage devient sain.

- Brugnion de vigne : la production a débutée en 2009. Suite à un orage d'été, les fruits ont éclatés. Les résultats sont décevant. Il apparaît également que le calibre est très petit et que ces fruits ont un aspcet extérieur déplaisant, sans doute à une maladie. Par contre le goût est intéressant. Des résultats à voir évoluer sur les années.

- Pommes :de très bonnes surprises au niveau goût et au niveau conservation. Toutes les variétés n'ont pas encore donné leur premiers fruits. La pomme "ste Germaine" a pu être gardée sans frigot, dans un local frais, jusqu'en juin. La pomme de Sore a produit ses premiers pommes en 2011, très prometteurs car de bon goût et semble assez résistantes à la tavelure.

- Poires : premiers productions en 2011, très beaux calibres et bon goûts. Les arbres sur porte-greffe "cogniacier" sont tous atteints d'un problème à l'écorce contrairement à ceux greffés sur franc. Dans l'ensemble la croissance des poiriers est très lentes. Un nouveau paillage (BREFT grossier) à basse de branches non broyées, récouvertes de paille, est testé depuis l'hiver 2009/2010 sur 2m de diamète au pied des arbres. Je pense butter un jour les arbres greffés sur cognacier afin qu'ils refassent des racines au-dessus du point de greffe pour se libérer du cognacier.

- Cerises :  les premières sont apparues en 2010. Un régale. Le même paillage que les poires semble leur être très profitable car la pousse de nouveaux rameaux est spectaculaire cette année 2010. L'atalement des dates de floraison et de production, grâce aux différentes variétés, semble payant. A voir au fil des années.

- Figues : c'est la catastrophe. Sans savoir pourquoi les figuiers végètent même ceux achetés en gros pot de terre. Une énigme à résoudre ou bien de la patience...

- Groseilles à maquereau : l'une des plus belles réussites au colibri. Cependant au printemps 2010, suite à un hiver froid et long, on a vu une chute du rendement. Les fleurs ont dû geler au printemps.

- Cassis : production en augmentation. Cependant les pieds abandonner à eux-mêmes dès leur plantation, sans paillage à leur pied, ne parviennent pas à se développer. De façon générale la terre sableuse du colibri fait souffrir tous les fruitiers par le manque de rétention d'eau.

- Noisetiers : croissance lente due à leur abandon durant les premières années (bcp d'énergie dépensées dans les difficultés administratives empêchant la réalisation de la ferme). Le nouveau paillage installé en hiver 2009/2010 semble bcp les aider, à confirmer. La sécheresse du sol semble toujours être la cause du ralentissement de croissance des arbres.

- Noyer : Les trois arbres semés à partir d'une noix sélectionées ne semblent pas se plaire ici. Par contre les semis réalisés par les oiseaux semblent être plus à leur aise, peut-être à greffer en place ? A suivre, tout ceci est récent et petit.

- Vigne : Plus de 60 variétés ont été testées dans le but d'une sélection de quelques variétés résistantes ou tolérantes aux maladies. Le protocole de test fut extrêmement simple : planter et abandonner... La très bonne surprise c'est l'une des variétés, Léon Milau, qui n'a jamais été malade même lors des années pleuvieuses et froides de 2007 et 2008. Cependant ses grappes et son raisin est très petit. Il semblerait que ce soit normal en début de croissance de la vigne. Puis la taille peut aider à faire grossir le raisin.

Il y a également 4 variétés qui tolérent assez bien la maladie : ce sont semble -t-il des variétés développées par L'INRA : candin , amandin, perdin, alladin.

D'autres vignes sont encore vivantes, elles repartent bien en 2010. A voir.

Pour la suite, je pense également utiliser le paillage grossier décrit plus haut. Cela aidera peut-être les vignes fragiles.


Partie 2 : Sur les légumes


Les légumes furent démarrés en octobre 2005 pour l'ail et les fèves et en 2006 pour les autres légumes. Les deux années suivantes, 2007 et 2008 années froides et pluvieuses, ont offerts des conditions de test presque idéales sur la résistance aux limaces et aux maladies de type mildiou.

La technique de culture sur butte a beaucoup évolué depuis les débuts de septembre 2005.

        Résultats d'ensemble :

- bonnes résistantes aux maladies : peu de mildiou sur les tomates et les fraises sans aucun traitement ; par contre melons et concombres souffrent du froid et de l'ambiance humide la nuit, la maladie les emportent souvent - il faut travailler sur le choix des variétés ; peu ou pas de maladies ou d'insectes sur les choux et d'une façon général sur l'ensemble des cultures.

- contrôle des limaces et escargots plus ou moins régulier depuis mi-avril 2007 : alors que l'hiver 2006/2007 avait fait apparaître de par sa douceur une explosion de limaces et d'escargots, ceux-ci furent contrôler massivement par leurs prédateurs dès que les chaleurs sont apparues en avril 2007 : hérissons, vers luisants, carabes et autres prédateurs, protégés depuis septembre 2005 (date de prise en main des terres), ont tout mangé en quelques semaines ;  Depuis l'équilibre se maintient même s'il y a encore des périodes de déséquilibre.

Cette capacité de régulation naturelle fut une nouvelle fois très appréciée lors du printemps 2013 : très peu de limaces et d'escargots alors que les jardins à proximité, comme à peu près partout en France, regorgeaient de gastéropodes du fait d'un hiver particulièrement pluvieux jusque juin 2013.
Je suis convaincu que si je labourais mes buttes, cela porterait préjudice aux carabes et vers luisants qui habitent dans les buttes. Au contraire le non labour permet leur installation et développement à demeure.

- l'enherbement diminue d'année en année et devient quasi nul en dehors de la période d'explosion au printemps. Les herbes devient des compagnes de cultures, elles ne sont plus arrachées massivment et seulement au moment de la formation des graines afin qu'elles ne se multiplient pas de façon excessive sur la butte.

    Ces premiers résultats prometteurs doivent être confirmés ou infirmés sur une plus longue période. 10 années d'observations semblent nécessaires pour  baser des résultats sur une solide expérience.

      Poursuivre avec les explications techniques et documents d'auto-formation.

<menu technique de culture>




Explications techniques et documents d'auto-formation

  • 1 - Culture sur butte :
Bonjour,
Au fil des années j'ai développé une pratique de culture sur butte dont l'un des premiers intérêts est le gain d'ergonomie.
La création d'une butte est cependant une lourde tâche, néanmoins c'est aussi l'occasion rêvée d'améliorer considérablement son sol en y introduisant du branchage et autres matières biodégradable riche en matières organiques, lignine, carbone et minéraux.

La méthode de culture que je pratique permet aussi de ne plus toucher à la butte (pas de labour ni de bêchage) une fois qu'elle est faite.
Il y a cependant des règles de cultures à respecter pour que la terre ne se compacte pas en dessous d'un seuil préjudiciable pour les cultures.
Le désherbage diminue chaque année pour devenir accessoire, les herbes devenant même des compagnes de nos cultures lorsqu'elles atteignent une faible densité. Suffit juste de ne pas les laisser grainer sur la butte et de ne pas rapporter de graines avec des matières de couverture du sol (foin, paille remplie de graines d'herbes ou de céréales...)

Mon site internet donne de nombreuses explications (écrits, vidéos, schéma de culture permettant l'autofertilité du sol) : http://aupetitcolibri.free.fr

Remarque importante : Il est sans doute possible de pratiquer sur des surfaces supérieures à 5000m² mais le coût d'installation et de main-d'oeuvre pour les mises en culture, bien que réduits, doivent être comparés aux systèmes mécanisés. La culture sur butte développée sur la ferme Au Petit Colibri s'intégre logiquement dans une recherche de diversification avec fruits, oeufs, céréales et produits transformés. Chacune des techniques peuvent être simplifiées pour une réalisation manuelle du fait de la taille réduite des surfaces concernées. Sur de plus grandes surfaces, le rapport " gain / temps de main d'oeuvre " devient probablement défavorable à la réussite économique et social de la ferme.
Ce livre parle d'une méthode de culture sur butte "encadrée"/"développée" par une démarche permaculturelle.

Pour moi, la permaculture n'est en fait pas une technique de culture, elle n'est pas la culture sur butte, elle est un ensemble de principes de conception généraux que chacun va ensuite chercher à concrétiser à sa façon. On peut construire une école, organiser une fête, ... avec la permaculture dont l'un des repères est de construire l'efficacité d'un système par la mise en relation inter-bénéfique des éléments entre-eux. J'ai appliqué ce principe à la culture sur butte pour arriver à une pratique qui m'est personnelle. Elle n'est pas la permaculture mais l'aboutissement d'un cheminement permaculturel.

Des personnes étiquettent certaines techniques de culture comme étant la permaculture, ce n'est pas mon cas, je fais une distinction très claire : la permaculture est un ensemble de principes de conception et de principes éthiques avec un objectif central : le développement durable; et une vision de base : chaque élément dans l'univers est en interaction de près ou de loin avec la totalité, par conséquent rien n'existe isolé du tout, tout est en interaction.

 Dossiers complémentaires gratuits cités dans le livre :
--> clic gauche sur les liens OU téléchargez les fichiers avec un clic droite et en choisissant "Enregistrer la cible du lien sous...", seule solution lorsque le clic gauche ne marche pas chez vous.

  1. Manuel de jardinage pour débutants (mars 2013)
  2. Adaptation des schémas de culture aux buttes de 1m à 1m20 de largeur et à d'autres buttes (mars 2013)
  3. BREFT et myscanthus (sept 2012)
  4. Semis de surface (sept 2012)
  5. Récupération de l'eau de pluie et irrigation par gravité très basse pression (sept 2012)
  6. INSERTION DE BOIS dans la butte : voir ci-dessous les vidéos (juillet 2014)
  7. Le tassement/compactage de la butte (août 2013)
                               
      • INSERTION DE BOIS : (oct 2015) - Grande économie d'eau, grande fertilité et santé.

Remarque : y a-t-il un risque d'infestation par les termites ? 

A ce jour je n'ai pas entendu de personne se plaindre de l'arrivée de termites dans les buttes avec bois au coeur. Cependant un ami, André qui vit comme moi en Charente, département français accueillant  les termites notamment en zone humide, me fait remarquer qu'il faut peut-être être prudents lors du ramassage du bois pour ne pas embarquer de bestioles qui une fois dans votre jardin, viendront peut-être manger la charpente de votre maison... Le bois enterré reste humide, c'est donc à la fois de la nourriture et un habitat pour les termites.
La question méritait d'être posée et nous invite donc à la vigilance !
                                  

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Photothèque/Vidéothèque

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Les porteurs du projet


Initialement : un couple, Madeleine LABIE et Richard WALLNER
et une forte dynamique collective autour d'eux : familles, amis, bénévoles.

Depuis l'été 2006 : Madeleine et Richard sont séparés.

La ferme est gérée par Richard.

En 2007, l'association est gérée par Richard et co-animée avec Matthieu Marcillaud, bénévole.

voir CV de Richard Wallner

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Les motivations initiales


Comment est né ce projet ?

Il a été l'aboutissement d'une prise de conscience sur plusieurs années, portée essentiellement par Richard.
Richard a aujourd'hui 32 ans (2008).

Le déclenchement se passe début 2000, Richard est ingénieur en micro-électronique. Il est venu vivre à Paris pour cette raison. Deux points :

  • l'électronique est passionnante, pourtant son métier n'a pas de sens à ses yeux, il voudrait être plus utile. La vie parisienne révèle également son lot d'absurdités, reflet d'une société qui n'apparaît pas humaine. 1 année heureux, 2 années à chercher comment partir. Entre temps il devient enseignant de mathématiques. Expérience passionnante et douloureuse auprès de jeunes du 93 en CFA : la pédagogie et les enfants le passionnent aussi.

  • L'épisode de la vache folle aura été l'un des déclics forts : crise de confiance envers ceux qui nous nourrissent depuis des millénaires. D'autant plus forte qu'un pressentiment l'angoisse : ils n'ont sans doute pas fait que cette erreur là, celle-ci étant énorme...

Action/réaction... Puis-je alors assurer une part de mon alimentation ?

Eté 2003 il part apprendre à jardiner dans un stage de l'association « Terre et Humanisme » de Pierre Rabhi. La rencontre est percutante :

  • oui il est possible de cultiver soi-même une partie de son alimentation

  • oui les agriculteurs et les industriels de l'agro-alimentaire ont vraiment perdu la tête et nous font manger des horreurs chimiques. Qui plus est cela se fait dans des conditions d'exploitation à la fois de l'homme et de la nature. Est-ce révélateur qu'une ferme s'appelle aujourd'hui une "exploitation agricole" ?

  • Richard découvre dans le même temps l'univers écologique jusque là peu présent dans sa vie. Là aussi le monde apparaît d'un coté dans l'impasse : économique, environnemental, social ; et pourtant d'un autre côté pleinement vivable : maison écologique non polluée, énergie écologique non nucléaire, eau saine et tout un monde d'innovations à porter et à portée de main.

Sept 2003 : déménagement sur Angoulême.

Pluri-activité : aide scolaire, aide et développement personnel auprès d'enfants, d'adolescents ainsi qu'auprès de personnes âgées.

Jardinage : expérimentations, apprentissages auprès d'autres jardiniers, lectures diverses.

Vers un écolieu : besoin de passer à l'acte. Créer un lieu pour soi-même et aussi pour permettre à d'autres d'apprendre sur l'écologie au quotidien.

Besoin d'espace : l'envie d'expérimenter davantage, notamment en jardinage, et peut-être de s'associer à d'autres sur ce lieu, invite à chercher un grand terrain. Déjà Richard commence à penser à un projet agricole car il a fait connaissance avec la conception permaculturelle et l'agriculture naturelle. Deux techniques qui lui font espérer un grand changement en agriculture et d'autres rapports sociaux.

Le village de Marsac : plusieurs lieux sont visités sans succès. C'est l'opportunité d'un terrain agricole en bio depuis 10 ans sur Marsac et les expériences et formations acquises qui décideront Richard à s'investir dans un projet agricole. Les terres ont été achetées,non sans mal, en été 2005.

Richard passe un BTS agricole en 2005/2006 pour mieux comprendre le monde agricole « actuel » et mieux se préparer à la gestion économique d'une ferme. Il vend ses légumes depuis le 1er août 2006.

Plus de détails sur les fondements de la démarche.

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