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La Conception Permaculturelle
Permaculture ?
résumé : La
permaculture est un outil de réfexion et de conception visant à créer
des environnements humains durables au sein de l'écosystème naturel sur
lequel elle s'appuie (apprentissage, ressources, co-création).
Techniques agricoles ?
.
Précision en guise d'introduction
Avant les présentations plus détaillées, une précision me
tient
à coeur tant les confusions sont grandes en France :
- La permaculture porterait mal son nom... :
Pour ma part, je ne vois pas la permaculture comme un système de "culture" mais comme une technique de conception, de sites agricoles ou non agricoles, et plus largement comme un ensemble de
réflexions éthiques, globales et
écologiques du monde.
Les techniques agricoles dites "permaculturelles" sont pour moi des techniques du "pot commun de l'humanité"
dont on reconnaît la cohérence et l'efficacité. Ce
qui veut dire que bien d'autres techniques sont possibles en dehors de celles souvent évoquées en permaculture.
De ce fait "La culture sur butte" d'Emilia Hazelip ou "l'agriculture
sans labour" du Japonais Fukuoka ou celle de Sepp Holzer ne sont pas
"la permaculture". Elles sont des outils possibles pour celui qui
souhaite concevoir un système agricole permaculturel.
S'il
s'agit de concevoir un site agricole
alors le concepteur choisira ou
développera des techniques agricoles qui lui conviennent. Tout
en développant ma propre méthode de culture, j'ai choisi
comme base "l'agriculture naturelle" du Japonais Masanobu Fukuoka et la
culture sur butte d'Emilia Hazelip.
S'il s'agit de concevoir sa
maison ou une école, ou une entreprise
d'électricité,... on peut ne
pas avoir envie d'y faire un jardin... Il n'y aura donc même
pas de
technique agricole dans ces conceptions permaculturelles...
-
Le
mot "permaculture", traduction française ? :
Il fut initialement
la
contraction entre "agriculture"
et "permanent" car il s'agissait pour ses créateurs, Bill
Molison et David Holmgren, de concevoir des
sites agricoles. Puis au fil des années il est apparu
comme un concept bien plus large. Il est aujourd'hui entendu comme
la
contraction de "culture" et "permanent" au
sens de culturelle, culture
de soi, de son environnement, éducation, ... et dans le sens
de
"culture d'une civilisation", durable... capable de se
perpétuer...
En
raison de la confusion avec l'image d'une technique agricole, je n'utilise plus
en français le mot "permaculture" mais parle de "conception
permaculturelle" et "d'éthique permaculturelle".
< Retour sommaire conception permaculturelle>
.
Présentation
N°1
La conception
permaculturelle : un concept global
Aujourd’hui
surtout développé dans les
pays anglo-saxons, ce concept est né dans les
années 1970 en Australie. Depuis, le mouvement
s’est consolidé avec
des formations, des diplômes, des séminaires de
réflexion au niveau mondial.
La littérature est également
aujourd’hui nombreuse, mais essentiellement en
anglais. Ceci explique sans doute le faible développement de
la conception permaculturelle
en France. Il existe plusieurs associations en France.
Cette conception
essaie d'organiser les rapports entre l'homme
et
son lieu de vie,
sur
les plans à la
fois énergétique,
écologique, ergonomique, social, productif et
économique.
Conduite par une éthique humaniste, elle cherche
à
intégrer de façon harmonieuse et durable
l'activité humaine dans
l'écosystème naturel.
Elle apporte
essentiellement une réflexion et des
outils de
travail sous
forme de principes de design (principe de conception). Elle permet
d'aménager
l'espace et notre mode
de vie à partir des ressources disponibles (espace, eau,
soleil, bois,
végétation, savoir-faire, connaissance,
inter-actions,
ressources humaines, etc.). Elle peut alors servir à
concevoir
tout lieu ou organisation humaine : notre école, notre
entreprise, notre ferme, notre potager, notre
maison, notre village, notre quartier, notre région, ...
Concrétement
:
Par exemple, il
s'agira de chercher à faire le
moins possible d'apports
extérieurs et dans
le même temps de bien utiliser ce qui est
créé sur le lieu. Pour cela étudier
les interactions entre les animaux, les plantes, les hommes, la pluie,
etc.,
peut permettre de créer des coopérations
positives : l'un
produit un déchet ( paille ) ou
un effet ( vent, ombre ) profitable à un autre : le paillage
pour retenir
l'humidité des plantes et enrichir le sol, le vent pour
produire de
l'électricité, une plante offre de l'ombre
à une autre, ... Ces
synergies
essaient de recueillir un maximum de fruits pour un minimum
d'efforts
!
Cette pratique, tout
en s'inspirant du fonctionnement des
écosystèmes
naturels, combine des savoir-faire anciens et des approches "modernes",
pour
obtenir un système de vie écologique stable et
autogéré, de fait économe,
autonome, fertile et dynamique.
Pour commencer
la conception d'une ferme ou d'un
potager, il
s'agira de bien observer le biotope déjà
présente, la faune, la flore,... ainsi que
de
recueillir les besoins
présents et à
venir des humains qui y vivront ou en profiteront (consommateurs,
touristes, animaux, ...). Puis vient l'agencement des zones de
cultures/élevage et
d'habitat/atelier en fonction des besoins, ressources et
possibilités. De
là, nous définissons les mécanismes
naturels à créer ou comment devront
être
sollicités ou orientés ceux existants.
<Retour sommaire conception permaculturelle>
.
Présentation
N°2
La conception
permaculturelle peut servir à la
création et à l'organisation harmonieuse d'une
maison, d'un quartier, d'un village, d'une ferme,... d'une association,
d'une entreprise,... Elle peut intervenir partout où il y a
relation, échange,... Elle
s'occupe de relationnel.
L'agriculteur veut
une ferme composée de poules pondeuses,
d'arbres fruitiers, de légumes, ...
Les habitants d'un village veulent une école, des
arrêts de bus, des fermes, des rues avec des arbres, ...
L'agriculteur et les villageois font partis eux-mêmes des
éléments du système
qu'ils créent.
Observant
les besoins et les richesses de la poule,
de l'arbre,... et de l'agriculteur, il vient par exemple que sans
intervention de
l'homme la poule complétera en partie ses besoins sous un
arbre avec
les fruits tombés, les insectes, les herbes et la
fraîcheur de son ombre, l'arbre complétera les
siens avec les crottes fertilisantes, les insectes mangés,
les herbes envahissantes contrôlées, les fruits
pourris débarrassés,... et l'homme a donc tout
intérêt à les mettre ensemble pour
rendre plus efficace sa prodcution d'oeufs et de fruits, tout en
réduisant son travail. Tout
ceci sans mettre quiconque en danger.
Une synergie
naturelle peut exister entre la poule,
l'arbre et l'agriculteur pour le bénéfice de
chacun. Que se passe-t-il si l'agriculteur ajoute une haie ? Pourquoi
faire puisqu'il n'en a pas besoin personnellement? Des oiseaux
viendront nicher, mangeront aussi des insectes autour des arbres
fruitiers. La haie ralentit les vents violents qui cassent les
fruitiers et assèchent le sol. L'eau utile aux fruitiers
s'infiltrera mieux dans le sol. Le verger se porte alors mieux. Par
conséquent la poule et l'agriculteur aussi. Une nouvelle
relation a été mise en place pour renforcer
un élément en particulier et c'est l'ensemble du
système tout entier qui en profite : c'est un
autre bienfait de la synergie.
Mais
peut-être que la haie peut servir à autre
chose, puisqu'elle est là ? Il existe différente
haie, autant choisir celle qui rendra le plus service : pour du bon
bois de chauffage, pour les abeilles, ... les abeilles sont
essentielles à mes fruitiers, elles visitent les fleurs,
sans elles très peu de fruits naîtront : une
nouvelle inter-relation.
La question de la disposition
dans l'espace fait
partie de chaque relation. Par exemple dans un verger chaque type
d'arbre a une relation avec le soleil (le vent, l'eau, le soleil sont
aussi des éléments du système !). Le
pommier sera-t-il mieux devant ou derrière le cerisier ? "Le
jardin-forêt" est une technique qui peut être
intéressante dans une conception permaculturelle
car c'est
un système
étagé productif de part l'organisation des
plantes selon
leur hauteur, leur besoin en eau, en fraîcheur, ...
à
l'imaged'une forêt.
A
l'échelle de la ferme les différentes zones
peuvent aussi être placées efficacement : c'est la technique de
« zonage » de la conception permaculturelle.
Efficacité
du système : d'une
part la poule n'est pas la seule à sécuriser le
fruitier et d'autre part la poule est bien utilisée en
rendant multiples services, à la fois à
l'agriculteur et à l'arbre. De même pour la haie.
On voit aussi avec la haie qu'en choisissant bien
l'élément apporté au
système on peut augmenter sans effort le nombre d'effets
positifs. L'agriculteur intervient alors de moins en moins par lui
même, c'est la nature qui travaille de façon plus
efficace et sécurisée qu'un système
automatisé. Par ailleurs la relation dans l'espace est une
composante essentielle de la vie terrestre... Le soleil fera souffrir
le pommier alors que le cerisier en a besoin... La cueillette des oeufs
se fait chaque jour, mettons le poulailler sur un trajet qui pourra
servir à faire d'autres choses.
Mais
au fond, la conception permaculturelle ne se
définit pas
sur des techniques en particuliers (agricoles ou non). Elle
enseigne une attitude au tavers de son éthique
permaculturelle :
●
La
permaculture invite à la fois à
découvrir
que sa vie est liée à la destinée de
la
planète et à rechercher l'harmonie avec la
nature. Cela pour
apprendre à :
éthique
1 : prendre soin de la terre.
●
Elle
nous invite à découvrir notre rapport
à nous-mêmes et aux autres, pour savoir :
éthique 2 :
prendre soin des êtres humains.
●
Elle
nous demande de découvrir nos capacités de
créativité, d'efficacité et de
sobriété pour savoir :
éthique 3 : limiter notre consommation
pour vivre tous ensemble loin de
la misère et des guerres.
●
Elle
nous fait réfléchir sur la façon de
faire
correspondre ressources disponibles et population, population et
diversité des êtres-vivants pour parvenir
à :
éthique 4 :
limiter
intelligemment
notre population,
sans
faire appel à la guerre, aux famines ou à la
misère.
● Enfin
elle nous fait découvrir comment fonctionnent les cycles de
redistribution de la nature qui savent créer l'abondance des
formes de vies et de richesses. C'est ce nouveau regard qui nous permet
à notre tour de savoir :
éthique 5 : redistribuer nos surplus et
créer une abondance saine que ce soit pour notre nourriture,
l'enrichissement mutuel de nos connaissances ou encore une joie de
vivre partagée.
Son
but : créer des lieux de vie harmonieux
où la vie
puisse se perpétuer sainement, dans cette abondance
créée par la multiplicité des
relations d'échanges.
La Vie est capable d'une grande abondance,
l'homme peut y participer s'il veut bien prendre exemple sur la nature et
faire sa
part.
Dans le domaine de
l'agriculture la conception permaculturelle
ne s'occupe pas de satisfaire aux
critères de l'une ou l'autre des techniques à la
mode (conventionnelle, biologique, biodynamique, naturelle,
semi-sauvage, ...) - pourquoi se priver des bienfaits de l'une en
se fermant sur une autre ? - mais bien sûr tout
produit chimique est exclu car il ne peut faire
partie de l'équilibre des oiseaux, des verres de terre, des
abeilles, des ruisseaux,... et, par conséquent, des
êtres-humains.
La conception
permaculturelle s'alimente de tout bienfait, de
tout échec,
qu'il soit d'un passé ancien ou de notre temps. Elle
se cultive en permanence (perma –
culture).
Les techniques auxquelles elle fait appel ne peuvent la
définir. Car comment définir une chose qui change
sans
cesse,
quise cultive en permanence, en somme qui a sa propre liberté
?
Il semble que la
conception permaculturelle soit avant tout le lieu
commun
d'aspirations à vivre un monde plus serein,
prenant comme ressource la nature, comme qualité
l'observation, comme force le relationnel, pour servir l'objectif d'une
vie humaine qui se perpétue sans se détruire.
.
Présentation
N°3
QU’EST-CE
QUE LA CONCEPTION PERMACULTURELLE ?
(présentation
pour des novices en écologie)
Voici en 5 points
une autre présentation de la conception
permaculturelle :
1/
C’est une vision globale et écologique
du monde dont
l’objectif est « l’intégration
de l’activité
humaine de façon durable au sein de l’espace
naturel qu’elle
préserve ».
2/ C'est aussi une
éthique : prendre soin de la
terre, prendre soin des êtres-humains,
partager/échanger/redistribuer,
et chercher à limiter son impact.
3/ Elle invite
à développer une qualité
essentielle : l’observation avant
l'action, avant d'agir !!!!.
4/
Elle se sert du « pot
commun de
l'humanité »
: ressource de techniques et d'idées, d'inspirations et
d’échanges, ... dans
laquelle la conception permaculturelle recherche avant tout la
coopération et la
responsabilité, individuelle et collective, la
prise
en main intelligente et responsable de nos vies.
5/ Des
techniques de conceptions (design) pour concevoir des
lieux et des organisations humaines en recherchant l'harmonie.
Quelques
explications sur ses 5 points :
1-
La conception
permaculturelle est
avant tout une vision globale et écologique du monde
qui inclut à la fois tous les domaines de notre vie et la
planète entière. Tout est en
interaction de près ou de loin.
Le
but est « l’intégration
de
l’activité humaine de façon durable au
sein de
l’espace naturel qu’elle
préserve ».
2-
C’est aussi une démarche définie avec une
éthique
3-
C’est aussi une démarche qui développe
une qualité
essentielle : « l’observation »
Observer
la situation, comprendre, apprendre avant d’agir ou chercher
le bon
moment pour agir ou encore prendre le temps de sentir une meilleure
action, « l’action
juste ». Parfois on
constate après un temps d’observation
qu’il n’y avait
finalement pas besoin d’agir, çà
n’est bien sûr
pas toujours le cas.
4
– Elle se sert du « pot
commun de l'humanité » :
c’est là
que l’on retrouve toutes les techniques que chacun
développe
et met au partage avec les autres. Les personnes sont
elles-mêmes
de leur vivant ressources
pour d’autres !
Bill
Mollison fondateur de la conception permaculturelle est souvent
cité pour
l’énorme travail qu’il a
apporté ; et certaines de
ses techniques sont fondamentales. Fukuoka fondateur de
l’Agriculture
Naturelle est aussi souvent cité car son agriculture est
bien
en phase avec la démarche permaculturelle. Mais
chacun
est
libre de créer, d’innover son agriculture, sa
technique de
construction de maison, sa façon
d’éduquer ses
enfants, etc : la conception permaculturelle nous invite avant tout
à la
responsabilité individuelle, à
l'ouverture d'esprit
et à la créativité. Mais il
s’agit tout
autant d’avoir à l’esprit que nous
faisons partie d’une
communauté d’êtres humains
« qu’on le
veuille ou non » et même d’une
communauté
d’êtres au sens large
(plantes,
animaux, humains) au contact d'éléments
essentiels pour
leurs existances (rochers, eau, vent, soleil, air, ...). Il se pourrait
que mieux découvrir et utiliser "la
loi de la synergie" soit un facteur éveil
important pour l'humanité, peut-être
même crucial ?
5
– La conception permaculturelle
est fondamentalement une
science du
« design » (de la conception).
Qu’il s’agisse de concevoir
une ferme, un jardin, sa maison ou de repenser un village,
d’imaginer
de nouvelles relations avec d’autres dans son entreprise, il
s’agit
chaque fois de concevoir, de choisir des solutions,
de les
poser sur un plan, comme un arbre ou une haie sur le plan
d’un
jardin, et de le faire en pensant à favoriser des
relations
bénéfiques entre chaque partie dans une vision
globale
écologique, économique, social, ...
Dans
le pot commun on trouve des outils qui sont pour certains à
la
base de la conception permaculturelle de Bill Mollison, comme
:
- la
méthode
du design systémique,
- le
zonage,
- des
repères
clefs
comme :
- « chaque
fonction doit être
réalisée
par au moins 3 façons ou éléments
différents
»
- « chaque
élément
doit participer à
plusieurs fonctions »
Le
design est fondamentalement une
démarche
évolutive, on pourrait dire
« réflective » :
une fois les premières actions
démarrées elles
peuvent nous montrer des erreurs ou révéler des
potentiels. Ainsi même nos objectifs peuvent
évoluer
dans le temps si bien que c’est avant tout la recherche
d’harmonie
qui nous guide et non pas l’idée de
départ qui
parfois même disparaît bien qu’elle ait
été
à l’initiative. Voilà pourquoi en
conception permaculturelle une
autre clef est « l’apprentissage
en action ».
Cela plutôt que d’apprendre uniquement
avant
l’action et de se
figer sur cette action. De ce fait on reste vivant, notre projet est
vivant, il n’est plus représenté par
une ligne droite
mais par une spirale montante dont chaque boucle
revient un
peu dans la précédente, phase
réflective, avant
de repartir vers l’avant avec une nouvelle recherche, de
nouveaux
objectifs, un design modifié.
Pour
conclure :
La
conception permaculturelle nous invite à la
responsabilité
individuelle tout en souhaitant offrir un lieu commun de
méthodes
et d’outils pour développer, concevoir des lieux
et des
relations en harmonie dans ce grand tout en inter-action permanente
qui se vit sur notre planète.
Pour
créer
une ferme avec la conception permaculturelle retenait qu'il s'agit
avant tout d'un état
d'esprit et
non de techniques, celles-ci sont au libre choix parmi le pot commun de
l'humanité déjà existant
ou à la libre
créativité de chacun.
Dans
ce pot commun on trouve une méthode de
conception de projet, une technique de zonage, des
règles
simples et beaucoup d'exemples de fermes ou de situations de cultures
données par Bill Mollison et
bien d'autres personnes, mais aussi l'Agriculture Naturelle de Masanobu
Fukuoka, la Culture en Synergie d’Emilia Hazelip, la culture
du blé
de Marc Bonfils, les cultures associées de Gertrud Franck,
… l'agriculture biologique, biodynamique et sans oublier
l'agriculture conventionnelle qui comporte, malgrè son lot
d'horreurs chimiques, sa dépendance aux énergies
fossiles, ..., des enseignements, des pratiques et des techniques qui
peuvent être intéressantes.
Tout cela sont autant de techniques différentes que l'on
décidera d'utiliser ou non.
LIENS :
Steve
Read qui a entrepris de créer une
« Université
Populaire de Permaculture » en France, propose un
schéma
:
http://www.permaculturefrance.com/principes.htm
<Retour sommaire conception permaculturelle>
Permaculture et culture sur butte : différences ? Quelle rentabilité ?
Il existe des définitions de la permaculture beaucoup plus agricole que
celle utilisée sur la ferme Au Petit Colibri.
On y trouve quelques fois la référence à la culture sur butte par exemple. A chacun sa permaculture :-).
Voici l'occasion pour Richard de
préciser son approche personnelle de la permaculture :
Pour moi la culture sur butte ou le
jardin-forêt ne sont pas des techniques spécifiques de la permaculture : on
peut faire de la permaculture sans ces techniques, et les utiliser ne
nous assure pas de faire de la permaculture. Elles sont certes très
plébiscitées en ce moment mais ne rentrent pas, pour moi, dans la
permaculture qui n'est pas une technique agricole.
Je vois la permaculture comme un outil de conception et de réflexion, utilisant des
principes généraux pouvant s'appliquer à d'autres domaines que la
conception d'une ferme (conception d'une école, d'un quartier, d'une
fête, d'une maison, ...).
Plus fondamentalement la permaculture a :
1- Un objectif : vivre sainement ici et pour les générations futures
(autre façon de dire "développement durable" )
2- Une vision du monde : tout est en inter-relation de près ou de loin
(le monde est une unité résultante de ces interactions)
L'outil de conception est divisé en deux parties interdépendantes :
1- Un ensemble de principes de conception : ensemble de repères généraux
rassemblés par les fondateurs dans le but de favoriser la création
d'écosystèmes humains durables. D'autres principes continuent de voir le
jour grâce à de nouvelles personnes.
2- L'éthique permaculturelle : 3 repères clefs pas encore "naturels"
pour tous, mis en avant actuellement :
- prendre soin de la Terre
- prendre soin des êtres humains
- partager équitablement
La permaculture n'a donc pas pour moi de techniques propres en agriculture, ni
dans les autres domaines (habitat, éducation, énergie, ...). Lorsque
j'étudie les livres et vidéos de permaculteurs, je les vois comme les
témoignages de leurs créativités et de leur choix techniques personnels
dans ces différents domaines. Mais leurs choix ne définissent pas des
pratiques spécifiques de la permaculture sauf en ce qui concerne le
processus de conception de leur projet.
Voici un parallèle avec les mathématiques pour essayer d'être plus clair
: Les calculs faits avec les outils mathématiques ne définissent pas les
mathématiques, ce ne sont que des applications. Les conceptions faites,
par exemple une ferme, avec les outils de la permaculture ne définissent
pas la permaculture, ce ne sont que des applications résultantes du
processus de conception permaculturelle. C'est en utilisant les outils
de conception pour une ferme que l'on est amené à choisir, ou non, la
culture sur butte, le jardin-forêt, la construction en paille,
l'électricité photovoltaïque, etc.
Ainsi pour moi il n'existe pas de ferme cultivée en permaculture,
puisqu'il n'y a pas de pratiques spécifiques agricoles, mais des fermes
conçues en permaculture et cultivée selon telle ou telle technique
agricole au libre choix du permaculteur. Pour ma part la ferme Au Petit
Colibri est cultivée selon l'agriculture naturelle, dont je précise
toujours le type, c'est à dire, "du Japonais Fukuoka, car il existe
d'autres agricultures naturelles comme il existe d'autres cultures sur
butte que celle d'Emilia Hazelip par exemple.
Du coup cela aboutit sur une approche de la rentabilité d'une ferme en
permaculture différente d'autres personnes puisqu'il ne s'agira pas de la
"rentabilité offerte par la permaculture", qui n'est qu'un outil de
conception, mais de la rentabilité de la "ferme permaculturelle de Mr X
" qui a fait des choix différents de la "ferme permaculturelle de Mr Y
".
Par conséquent dans mon approche, dire qu'une ferme en permaculture
est rentable ou non n'a pas de sens, car ce sont les choix personnels de
Mr X et Y et les conduites de leurs choix, dans leurs contextes
respectifs, qui vont définir la rentabilité de leurs modèles personnels.
Il y a alors autant de modèles permaculturels agricoles que de fermiers, dont on doit évaluer de façon indépendante les rentabilités.
En guise de conclusion :
Les techniques agricoles ne sont pas la permaculture. Pour moi c'est la
façon de les choisir et de les assembler qui est la permaculture.
Chaque ferme en permaculture définit à elle seule un modèle, chaque
modèle est développé en fonction de repères de rentabilité différents
car propre à chaque fermier, à son contexte, à ses choix, à ses
capacités de les vivre au quotidien et, ne n'oublions pas, propre à ses
besoins.
Donc pour moi, une ferme est rentable si elle a atteint ses objectifs
personnels.
Ainsi je peux comparer les rentabilités des fermes, non en
fonction de critères économiques mais en fonction du niveau atteint dans
la rentabilité que s'est fixée chaque ferme :
Si Mr X n'a pas atteint ses objectifs de rentabilité, sa ferme n'est pas
viable, ou viable à 79% par exemple. La ferme de Mr Y pourrait être
viable à 100% même si Mr Y a besoin de gagner moins ou plus d'argent que
Mr X pour atteindre son objectif de rentabilité.
Pour autant le modèle de ferme de Mr Y n'est peut-être pas viable pour
Mr X. L'inverse est vrai aussi car, et c'est là l'un des apports de la
vision globale de la permaculture, la viabilité n'est pas seulement vu
sous l'angle économique, elle est vue aussi sous l'angle du bien être
"personnel" de la personne et des générations futures, ce qui inclus
tous les champs de notre vie. La rentabilité sous l'angle uniquement
économique ne peut être un objectif en soi unique, bien qu'il fasse
partie des solutions permettant d'atteindre la "viabilité globale
recherchée par la personne".
En terme de technique purement agricole, comme la technique de culture
sur d'Emilia Hazelip, il me semble possible d'en étudier les quantités
de légumes produites, les quantités d'intrants
nécessaires, les besoins en main d'oeuvre, ... De la on peut calculer
une rentabilité suivant des indicateurs d'efficacité technique, mais
difficilement en suivant les indicateurs économiques puisque ce n'est
pas la culture sur butte qui définit le prix de vente des légumes, les
surfaces utilisées dans la ferme, le coût de la main d'oeuvre très
différent d'une ferme à l'autre, la disponibilité ou non sur la ferme
d'éléments nécessaires à la butte, ...
Richard
Wallner
< Retour sommaire conception permaculturelle>
.
COMMENT
SAVOIR S'IL Y A CONCEPTION PERMACULTURELLE ? :
« Mais
si chacun est libre comment faire pour savoir si on fait ou si une
autre personne fait de la conception permaculturelle ?
Les
repères de la définition ne sont-ils pas
suffisants ? :
par
exemple :
-1-
demandez-vous si la personne ou son action est en contradiction avec
votre vision globale écologique du monde et avec
l’objectif
d’intégrer l’activité humaine
de façon
durable au sein d’un espace naturel qu’elle
préserve ?
Sachez aussi accepter qu’une personne puisse avoir une vision
un
peu différente de la votre…
-2-
continuons : respecte t-elle selon vous
l'éthique permaculturelle ?
prendre soin de la terren, etc.
-3-
y a t-il recherche dans l’observation c'est-à-dire
par
exemple faire attention à ce qui existe
déjà
avant de décider une action même si finalement on
peut
ne pas composer avec ?
-4-
la personne est-elle en compétition avec
d’autres ?
-5-
la personne est-elle dans une démarche
« réflective » ?
Bien qu’elle puisse avoir raison d’affirmer ses
choix et de ne
pas vouloir en changer, tout simplement parce que c'est son
expérience de vie et pas la nôtre, ou encore parce
qu’ils sont
justes (!)
(et il sera souvent bien difficile d’en juger ! et
de quel
droit même le ferions-nous ?…),
..., sentez-vous un esprit
fermé sur lui-même, refusant
l’écoute de la
différence, refusant de se remettre en question,
s’enfermant
dans ses erreurs, etc ?
Remarquer
que le fait que cette personne n’ait pas de
« design » sur papier
à vous montrer ne veut pas dire qu’elle
n’a pas en elle de
façon consciente ou inconsciente une démarche
structurée, même seulement intuitive.
Ainsi
une ferme en agriculture biologique, même si elle pratique
encore le labour, labour qui semble aujourd'hui possible et
préférable d'arrêter dans bien des cas,
peut
très bien être
dans une
démarche permaculturelle, démarche qui
la
conduira
peut-être à l'arrêt du labour ?
A
propos de "non labour" : il se peut qu'un jour on découvre
que dans telle ou telle situation il faut nécessairement
labourer une fois ou peut-être même une fois tous
les 10
ans ? Alors continuons à avoir une vision globale, une
ouverture d’esprit plutôt que de nous figer sur
telle ou telle technique. Il semble par exemple qu’une
tourbière doive
être labourée
au moins une fois avant d’y cultiver ? Cela
dit
peut-être qu’une
démarche plus juste serait de ne pas y
cultiver pour
un meilleur usage ?
ORGANISATION
MONDIALE DE LA CONCEPTION PERMACULTURELLE :
Le
mouvement permaculturelle s'est structuré au niveau
mondial,
sans que cela
émerge sur un dogme permaculturelle figé.
Essentiellement ce mouvement mondial est organisé par des
citoyens et non « des élus »
institutionnels. Bien
sûr émergent des personnes
référentes qui
ont des compétences reconnues en conception
permaculturelle mais
l’échange
entre tous est la base fondamentale. Les rencontres sont
appelées
« convergences ».
Il
existe plusieurs diplômes de conception permaculturelle :
Le
premier est le « cours de 72H » établi
par le
fondateur du mouvement, Bill Mollison.
Il
en existe aussi pour ceux qui veulent être reconnus pour
leurs
capacités à concevoir des systèmes en
permaculture, pour ceux qui veulent enseigner la conception
permaculturelle, etc.
<Retour sommaire conception permaculturelle>
.
Temoignage
de la ferme Au Petit Colibri
L'ensemble de la
ferme est mis en place au fur et à mesure
selon un plan étudié dès le
démarrage du projet. Il est amélioré
en fonction des apprentissages et des nouveaux besoins. L'emplacement
des différentes zones de la ferme a
été choisit intelligemment pour essayer
d'augmenter l'efficacité du travail, pour les situer
correctement par rapport à leurs besoins naturels ou encore
pour faire en sorte qu'une production puisse
bénéficier à une autre.
Par exemple les
zones sont organisées concentriquement
autour des bâtiments ou encore les poules sont
associées au verger, ... Pour les poules, elles servent
d'insecticide naturel, de fertilisant et limitent la pousse des herbes.
Le verger, lui, donne à manger des fruits tombés
par terre, des insectes et de l'ombre. Une bonne mise en relation de
deux productions qui soulage l'agriculteur et réduit les
coûts dans un système agricole sans produits
chimiques...
La ferme est vue
comme un système évolutif. Par
exemple toutes les zones ne sont pas encore productives comme le
verger, les haies, ... tout juste plantés (les poules ne
mangent pas encore leurs fruits tombés au sol !!). Par
ailleurs certaines plantes deviennent vraiment intéressantes
au bout d'une à deux années de re-semis dans la
même terre car elles s'y adaptent. C'est aussi
l'équilibre biologique et la fertilité du sol qui
vont fortement augmenter les années à venir, en
même temps qu'augmentera la production : fruitiers, miel, ...
tout en stabilisant l'effort de l'agriculteur et le
coût de production.
En effet c'est la
totalité du système avec les
différentes inter-relations entre ses composantes qui vont
prendre place et donner leur pleine mesure par effet de synergie.
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Cultures en
synergies naturelles semi-sauvages
Qu'est-ce que la
culture en synergies naturelles semi-sauvage
?
... une technique
cohérente pour une conception
permaculturelle ?
Pas de labour :
Les terrains les
moins compacts semblent mieux
si prêter. Ce sont les racines des plantes
et les organismes du sol qui aèrent la terre dans un sol
qui devient naturellement bien drainant.
Pas d'engrais
préparés (sauf
exceptions : plantation d'arbre, réhabiliation d'un terrain)
:
Ce sont les
organismes du sol qui préparent
eux-mêmes "l'engrais" par compostage en surface (des feuilles
d'arbres, déchets de cultures, ...) et dans la terre
(racines
mortes non arrachées).
De plus le non-labour permet de diminuer considérablement
les pertes de fertilisants du sol par les fortes
pluies. Il
est aussi une condition nécessaire pour ne pas
détruire les organismes.
Pas de traitement :
Avec les deux
conditions précédentes il
y a moins de déséquilibre, donc moins de
ravageurs et maladies. Par ailleurs on ne leur permet pas de
vivre
seuls... ils
sont en compagnies d'une multitude d'autres organismes, microbes,
insectes, oiseaux, ... qui les mangent, "les régulent". De
plus
on ne leur permet pas
de trouver un champ entier de leur plante favorite, on cultive "en
mélangeant" les plantes. Et parfois même ce sont
les
plantes qui les font fuir (aromatiques, association carotte/poireau,
...). En somme on cultive la
bio-diversité. Plus il y a de diversité de
plantes, plus les organismes sont nombreux et forment une
communauté complexe s'auto-régulant et s'adaptant
au changement.
Pas d'herbicide :
Car toute plante est
utile et tout produit chimique tue des
organismes.
Chaque plante abrite des organismes différents autour de ses
racines et de ses feuilles. D'autre part elle utilise et apporte des
éléments au sol différents d'une autre
plante. Le sol est alors utilisé sans être
appauvrit d'un élément en particulier et
même peut-il s'enrichir de ce qui lui manque !
Pour autant on ne peut pas laisser à toute plante la place
réservée à celle qu'on cultive !
Comment faire ? : remplacer par d'autres herbes,
bénéfiques à nos cultures
(trèfle blanc
dans les céréales), couvrir le sol (paille,
trèfle
blanc, carton, ...), arracher ou faucher s'il y en a de trop et surtout
avant qu'elles ne fassent des graines, ...
Au delà
: une ferme-forêt (cinquième
repère ajouté à
l'agriculture de Masanobu Fukuoka)
Pour tous ces
aspects précédents l'arbre
est l'une des plantes majeures. Ainsi la totalité de
l'organisation d'une ferme naturelle tend vers la
réalisation d'un
lieu de culture abrité, fertilisé et
vitalisé en particulier par des arbres : en mettant en place
des haies et des arbres fruitiers, suffisamment espacés, on
s'approche alors d'une « forêt fruitière
», productrice à différents
étages, dans le sol, sur le sol, dans les airs : des
carottes, des fraises, de la rhubarbe, des choux, du cassis, des
noisettes, des pommes, des cerises, ...
<Retour sommaire conception permaculturelle>
.
LA TECHNIQUE AGRICOLE SUR LA FERME "AU PETIT COLIBRI "
Au sein d'une
conception
permaculturelle de ma
ferme, j'ai choisi "
l'Agriculure Naturelle du Japonais Fukuoka ".
Pour
les légumes en particuliers, j'utilise la technique de "culture en
synergie sur butte" qui a été
développée par Emilia Hazelip et
qui reprend les 4
principes de base de l'agriculture naturelle :
- pas de labour
- pas de fertilisants chimiques ou de compost
préparé (sauf exception)
- pas de traitements chimiques ou biologiques (sauf
exception)
- pas d'herbicide
Synthèse de la technique agricole
<Retour sommaire conception permaculturelle>
.
DEVELOPPER UNE " AGRICULTURE ECOLOGIQUE " (pas seulement biologique)
.
QUESTIONS - REPONSES (vous pouvez me poser d'autres questions par email)
1 - Ce type d'agriculture est-il
viable dès le début en tant
qu'activité unique?
Cette
agriculture "écologique" est encore au stade expérimentale. S'installer
avec, c'est
accepter de prendre des risques et de participer à son
développement.
Il n'y pas de références suffisantes pour le
moment et les techniques
agricoles doivent être améliorées. Ma
ferme est "expérimentale". J'en présente la
synthèse ici.
<Retour sommaire conception permaculturelle>
2 - Est-ce possible
de
s'installer en faisant un emprunt et de ne pas crouler sous les dettes ensuite?
A
vous de faire vos calculs :-). De mon point de vue c'est vraiment
risqué
dans l'état actuel, de part le manque de retour
d'expériences et le manque de précision dans les
descriptions des techniques agricoles évoquées
ici
et là, dans les livres, sur internet ou par les "on
dit
que". Avant d'être "secoué" par l'opposition
brutale de la mairie de mon village...
mon projet
économique tenait compte de ces risques. Il s'inscrivait sur
un
projet
développé sur plusieurs années, sur
une
diversification des cultures
(toutes les cultures ne peuvent pas rater! et certains sont assez
faciles comme les oeufs, les plantes aromatiques, certaines
légumes, ...), et avec l'apport
extérieur du salaire
de ma compagne de
l'époque. Je prévoyais et acceptais de rencontrer
des
aléas, typique
d'un projet de recherche. Encore une fois, ma ferme est une ferme
expérimentale.
<Retour sommaire conception permaculturelle>
.
3 - L'utopie de la permaculture et sa viablité économique
Question : << j'ai un projet d'installation en
maraîchage avec mon compagnon. J'ai commencé un stage dans une
exploitation bio "conventionnelle" et la question de la
possibilité d'une ferme en permaculture me tarabuste, en effet je
suis entourée de personnes qui prétendent que c'est une utopie... >>
Réponse du 15 mai 2011 :
Je ne peux répondre à ton besoin de voir une ferme viable
économiquement. Du fait de l'opposition du maire du village je n'ai
pas pu développer ma ferme et les résultats obtenus même s'ils sont
porteurs de viabilité pour moi, ne permettent pas à eux seuls de te
montrer cette viabilité. De plus suite à la victoire au tribunal il
y a 1 mois (avril 2011) et vu la sécheresse de cette année et mon manque
d'équipement pour y faire face, j'ai décidé de ne pas remettre en
culture pour me concentrer sur des travaux, la recherche de
financements, l'amélioration de mon habitat précaire et la
poursuite des projets pédagogiques et conseils techniques via mon
association. J'accompagne notamment la création d'une ferme en
Dordogne. Donc ici le terrain est en friche et tu ne verras pas
d'activité agricole du niveau économique que tu souhaites, bien que
mon objectif soit le même que toi.
Je suppose que ceux qui te disent que la permaculture est une utopie
n'ont pas approfondi la question, ni même essayé. Donc chemine à
partir de toi. Toutefois sache que les réalisations agricoles en
permaculture sont peu nombreuses et cherchent encore leur efficacité
: les techniques demandent à s'affiner pour faire face au niveau
économique sans utiliser les béquilles actuelles : c'est tout un
monde technique et humain à construire, ça ne se fait pas du jour au
lendemain mais nous y sommes presque et l'expérience par exemple de
Sepp Holzer en Autriche est inspirante. C'est pour cela que j'ai
créé une ferme expérimentale et les résultats que j'expose sur mon
site ne font que renforcer la viabilité de ce type de démarche.
Cependant ne fais pas d'amalgame : dire que la permaculture est
viable économiquement n'a pas de sens : avoir un manuel de conduite
dans les mains ne te donne pas la capacité de conduire. De plus
chaque permaculteur choisit ou développe les techniques qui lui
conviennent. Ainsi la permaculture de l'un n'est pas la même que celle
de l'autre. La question est : est-ce que ma propre démarche et mes
choix permaculturels sont viables dans mon contexte personnel ? Pour
y répondre il faut me semble t-il se former à différentes
techniques, expérimenter, apprendre à observer, à se remettre en
cause et faire des choix personnels. Il n'y a donc plus rien à
démontrer à quiconque, simplement réussir son challenge personnel
qui saura intégrer la démarche globale d'un avenir sain pour nous et
les générations futures. Chacun doit trouver la solution qui lui
convient. La permaculture ne dit pas ce qu'il faut faire, elle
propose des points de repères que chacun peut prendre, faire évoluer
ou remettre en cause. Ce n'est pas un nouveau dogme bon ou mauvais :
c'est une réflexion avec des repères pratiques mis au partage et à la créativité collective.
Les techniques agricoles ne sont pas la permaculture. C'est la façon
de les choisir et de les assembler qui est la permaculture.
Crée ton utopie, il n'y a que toi qui la rendra viable.
Bonne continuation,
Richard
>> Sur l'aspect économique, lire aussi dans cette page "Pemaculture et culture sur butte : différence ?"
<Retour sommaire conception permaculturelle>
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